Arguments

NON à l’attaque contre la diversité des médias en Suisse

La redevance tv et radio nous permet de bénéficier en Suisse d’une offre média audiovisuelle plurielle. Elle finance en effet la SSR ainsi que 21 radios et 13 chaînes tv régionales. La SSR se finance à 75 % par la redevance. La redevance représente en moyenne 53 % du budget des chaînes tv locales, chiffre qui s’élève à 35 % pour les radios locales dans les régions périphériques et de montagne; pour les radios locales complémentaires à but non lucratif, il est de 67 %. Sans redevance, la SSR comme les diffuseurs régionaux n’auraient plus les moyens de survivre. Aucune entreprise ne pourrait poursuivre ses activités si elle perdait jusqu’à 75 % de ses recettes.

La disparition de la SSR et des 34 diffuseurs radio et tv locaux aurait une grave conséquence pour le public : il serait contraint de consommer plus de médias étrangers. Les émissions d’actualité adoptant un angle de vue helvétique et la couverture des thèmes suisses appartiendraient au passé. Le débat public serait de plus en plus dominé par des sujets qui sont importants pour nos voisins. La contrepartie des redevances tv et radio est très claire : elles permettent de porter un regard suisse sur le monde. La fin de la redevance veut avant tout dire moins d’autonomie et moins de Suisse.

 

NON à la fin des émissions pour les minorités

L’acceptation de l’initiative aurait des conséquences dramatiques pour la Suisse romanche, la Suisse romande et la Suisse italienne. En Suisse alémanique, où le marché est suffisamment grand, il se créerait peut-être des offres d’informations et d’émissions éducatives, des émission de divertissement et quelques retransmissions sportives, financées par un système d’abonnement et par les recettes publicitaires. Dans les trois autres régions, le marché est tout simplement bien trop réduit pour pouvoir exploiter une station radio ou une chaîne tv commerciale. Les Romands se verraient contraints de consommer uniquement les médias français et les Tessinois, les médias italiens. L’offre média en romanche ne serait tout simplement pas remplacée. Le service public contribue aujourd’hui significativement à l’identité et à la diversité de notre pays. Or, pour le bon fonctionnement de notre démocratie directe, il est indispensable que les citoyens suisses soient informés des thèmes nationaux et régionaux importants dans leur langue et d’un point de vue suisse, et qu’ils puissent se forger leur opinion indépendamment des médias étrangers.

 

NON à une attaque radicale contre le service public

Les diffuseurs percevant la redevance garantissent aujourd’hui un service public média audiovisuel dans les quatre langues nationales ainsi que dans toutes les régions. Si l’initiative était acceptée, l’offre actuelle ne serait pas remplacée par une version allégée du service public audiovisuel financée par une redevance d’un montant inférieur ; il n’y aurait plus que des diffuseurs radio et tv commerciaux. Le paysage médiatique suisse s’en verrait profondément transformé, car les médias publics n’existeraient plus. Et cela va plus loin encore : l’interdiction de la perception d’une redevance de réception par la Confédération, qui serait alors inscrite dans la Constitution, empêcherait tout retour en arrière. La Confédération aurait en outre l’interdiction de subventionner des stations radio et chaînes tv. Qu’un dialogue constructif sur le contenu et sur le périmètre du service public média soit nécessaire, cela ne fait aucun doute. Mais, en cas d’acceptation de l’initiative, il n’aurait pas lieu d’être, car le service public audiovisuel disparaîtrait complètement. L’initiative No Billag renferme bien plus que la suppression de la redevance. Ce sur quoi le peuple va se prononcer, c’est sur l’existence ou non, partout en Suisse, de stations radio et de chaînes tv dotées d’un mandat de prestations, tenues de produire des programmes de qualité et de donner une représentation fidèle des événements.

 

Non à une attaque contre notre démocratie directe

L’initiative No Billag détruit la diversité du paysage audiovisuel actuel et, par conséquent, l’indépendance de l’information, indispensable au bon fonctionnement de notre démocratie directe. C’est une attaque en règle contre nos médias indépendants et contre la démocratie directe. On ne surnomme pas pour rien les médias « le quatrième pouvoir » ; ils nous permettent en effet de nous forger une opinion et de participer au processus politique en tant que citoyens responsables. Dans une démocratie qui fonctionne, la Confédération, les cantons et les communes sont dépendants de la bonne information des citoyens. Si le paysage médiatique devient totalement soumis à la logique commerciale, le pouvoir des investisseurs augmentera sur le marché suisse des médias et ils pourront ainsi imposer leurs intérêts propres. Nous ne pouvons pas laisser les médias suisses devenir le porte-voix des représentants d’intérêts dotés de puissants moyens financiers, qui en feraient de simples vecteurs de propagande politique, comme c’est le cas en Italie ou aux Etats-Unis. Cette votation pose la question de savoir à qui devrait revenir le pouvoir sur la radio et la télévision et à qui il devrait servir : aux plus favorisés seulement ou à la société toute entière ?

 

NON à un système de TV payant et coûteux – les médias seraient-ils bientôt réservés aux riches ?

Grâce à la révision de la loi sur la radio et la télévision, la redevance ne sera plus que de 365 francs par an et par ménage à compter du 1er janvier 2019. Cela marquera également la fin des contrôles de Billag, pointés du doigt pour leur lourdeur administrative. L’offre complète de la SSR et des diffuseurs régionaux, dédiée à l’information, à l’éducation, à la culture, au divertissement et au sport, ne coûtera plus qu’1 franc par an. Ce franc nous sert aussi à soutenir le programme dans toutes les régions, ce qui est primordial pour les groupes minoritaires. Sans la SSR et les diffuseurs régionaux, les systèmes de TV payants deviendraient la norme, ce qui reviendrait finalement beaucoup plus cher. On le voit déjà aujourd’hui avec les offres payantes dans le domaine du sport, qui dépassent largement le montant de la redevance radio et tv. Une offre aussi étendue que celle dont nous disposons tous aujourd’hui n’existerait plus, même en PayTV. Seules les personnes ayant des revenus élevés pourraient se permettre d’avoir accès à ce qui en resterait. Nous ne pouvons pas laisser la radio et la télévision devenir un luxe auquel seuls les plus favorisés pourront prétendre.

 

Les arguments en detail